Education Parentalité Périnatalité Intuitives & Conscientes (EPPIC)

Rien n’est plus pur que la Lumière d’un enfant. Rien n’est plus essentiel que l’éduction qu’on lui offre,

non pas en étant parfait mais en étant authentique.

Les enfants ne comprennent pas la négation

Le cerveau immature de l’enfant intègre en priorité les mots-clés d’une phrase. Plus il est jeune, plus la négation lui est totalement étrangère et même en grandissant, il aura tendance à ne capter en premier lieu que les informations phares d’une demande. Donc le « ne » et le « pas » sont comme invisibles et vide de sens pour lui. Dans la phrase « ne cours pas ici ! », il entend donc « cours ». Il suffit donc de modifier votre formulation  » Ici, on marche doucement. »


L’enfant a besoin de comprendre le sens/la raison de la demande pour l’appliquer

Cela est une aptitude naturelle très saine qu’il est très important de préserver pour que les enfants continuent de développer leur capacité de discernement et notamment d’apprendre à se protéger des influences extérieures nocives. En clair, cela leur évitera de se transformer en « mouton bête et discipliné » et d’obéir naïvement à des injonctions malveillantes et nocives venant d’autorités extérieures. Expliquez lui donc le pourquoi de vos consignes en veillant à adapter le vocabulaire à son niveau de compréhension. En comprenant le sens de votre consigne, l’enfant sera beaucoup plus enclin à coopérer. Par exemple : « Ici il faut marcher tranquillement et bien regarder autour de nous, car il y a beaucoup de voitures qui roulent vite et si nous aussi, on court, on risque de se cogner sur elle et ça ferait très très mal à notre corps. » Dans cet exemple, je pense qu’il est bon d’apprendre aux enfants à ne se focaliser en priorité sur les petit bonhommes vert et rouge aux passages piéton, même si c’est un repère à prendre en compte. Selon moi, l’adulte doit accompagner et encourager l’enfant à se fier avant tout à sa propre observation de son environnement, à son intuition et à sa propre appréciation tout en prenant en compte les recommandations extérieures, toujours, évidement en prenant en compte son stade de développement. En effet dans cet exemple, il arrive malheureusement que des chauffards roulant parfois très vite grillent les feux et renversent des enfants qui ont fait confiance au bonhomme vert. Alors que si l’enfant est habitué a bien observé son environnement et à voir une voiture arrivé à vive allure même au loin et malgré le bonhomme vert, il saura attendre sur le trottoir que le danger soit passé.


Vos perceptions sensorielles ainsi que vos besoins et rythme sont souvent différents de ceux de vos enfants

Et oui, l’adulte a spontanément tendance à projeter ses propres sensations, rythmes et besoins sur celui des enfants dont il s’occupe et pourtant ils sont souvent bien différents. C’est alors un vrai nœud dans la relation qui se crée ! Ici, un vrai travail intérieur est à mettre en œuvre chez l’adulte afin de s’extraire de ses schémas de fonctionnement délétères pour la relation et pour l’épanouissement de l’enfant. Exemple typique que j’ai maintes fois observé autant en structures d’accueil que dans les familles : Vous arrivé au parc en plein hiver, tout le monde est bien emmitouflé dans les manteaux, l’enfant commence à jouer, à s’approprier les lieux, se familiarise tranquillement avec les autres enfants. Jusqu’ici tout va bien. De plus en plus à l’aise, l’enfant court, saute, grimpe sur les structures de jeux. Naturellement, il enlève son manteau. Et là, vous, congelé.e, immobile sur votre banc, vous vous écriez : « Remets ton manteau tout de suite, il fait trop froid, tu vas être malade! » Vous, vous avez froid mais votre enfant, lui, a chaud même s’il fait 5 ° car son corps en mouvement intensif crée de la chaleur, ce qui n’est pas votre cas. Là l’enfant ne comprend pas et l’inconfort de ce manteau est tel qu’il refusera de remettre le manteau car il sent qu’il n’en a pas besoin durant cet effort intensif. Il est donc bon de respecter ces sensations, elles sont saines, adaptées et justes, rassurez-vous. Par ailleurs, vous pourrez profiter cette occasion pour lui dire que c’est après l’effort, lorsqu’il va commencer à sentir son corps refroidit qu’il sera important de remettre le manteau car c’est à ce moment là et pas avant que le risque d’être malade peut survenir.

Il en est de même concernant l’appétit, les temps de repas sont, dans de nombreux foyers, des moments de grandes tensions relationnelles car les adultes imposent encore trop souvent aux enfants le moment où ils doivent s’alimenter ainsi que la quantité minimale à ingérer, selon leurs croyances et leurs perceptions propres. SACHEZ QU’UN ENFANT EN BONNE SANTE NE SE LAISSE JAMAIS MOIRRIR DE FAIM. Dès la naissance, il est neurobiologiquement câblé pour savoir réclamer à manger lorsqu’il a faim et il sait également définir par lui-même la quantité alimentaire dont il la besoin. Alors lâchez les injonctions alimentaires qui font beaucoup de dégâts autant sur la relation familiale que sur le psychisme de l’enfant sans oublier le vôtre ! Je referai un article précisément sur cette thématique : alimentation de l’enfant et relation très bientôt.

Ici l’outil essentiel à mobiliser c’est l’EMPATHIE : mettez-vous à sa place : dans ce contexte : à sa place, comment je me sentirai ? Est-ce que j’apprécierai que l’on m’impose cela ?


L’enfant a besoin de votre considération, il la cherchera par tous les moyens à sa disposition

Ici, je pense qu’il est important de prendre conscience que l’enfant est bien plus qu’il n’y parait. Il est en effet pourvu en quelque sorte d’antennes captatrices extra-sensorielles, que l’on appelle communément hypersensibilité (que l’adulte a aussi mais qui, de par les conditionnements éducatifs et sociétaux, sont pour encore beaucoup en veille ou en cours de réveil ou très mal utilisées). L’hypersensibilité est une bénédiction et n’a rien de « trop » contrairement à ce que suppose son préfixe. Ces antennes subtiles sont très sensibles et extrêmement efficaces et ce, de plus en plus chez les jeunes générations. Elles captent notamment le mensonges, les non-dits, les faux-semblants, les émotions des autres, les charges mentales, elles captent la VERITE au delà des « appats-rances ».

En parallèle, de par son immaturité cérébrale, l’enfant n’a pas encore les capacités d’analyse, de prises du recul, ni de parvenir à filtrer et décrypter toutes les informations qu’il capte. C’est donc souvent très inconfortable à vivre. Plus il est jeune, plus il prend tout pour lui, de plein fouet, il peut facilement croire que s’il y a un problème, c’est de sa faute ou de se sentir rapidement en insécurité de par l’indisponibilité des adultes qui s’occupe de lui. Il va donc chercher à se rassurer à leur contact, il a besoin de proximité et d’attention sécurisante et rassurante. Il va donc utiliser tout ce qui est accessible à ses capacités pour rétablir un sentiment de sécurité intérieure . S’il n’y parvient pas à l’obtenir par des sollicitations habituelles (demande de jeux, de câlins …), il va la chercher par des pleurs ou des provocations et si ça ne suffit toujours pas, en faisant ce qui est strictement interdit car étonnement, il est moins pire pour lui de se faire gronder plutôt que de ressentir de l’indifférence. Car au moins cette réaction rétablit un lien, même si c’est loin d’être le meilleur. Tous ces mécanismes relationnels sont inconscients évidemment. IL NE SAGIT EN AUCUN CAS DE COMPORTEMENTS MANIPULATEURS COMME ENCORE BEAUCOUP LE CROIENT. Ce sont des mécanismes de survie qui s’activent par réflexes dans le cerveau archaïque de l’enfant et qui se manifestent de manière automatique chez l’être humain.

Il n’y a rien de pire pour un enfant que de ressentir de l’indifférence de la part de ses parents (ou des adultes qui prennent soin de lui). Cela leur donne une impression de ne pas exister. C’est insécurisant, angoissant et donc nocif pour eux. Bien sûr, cette indifférence est fausse la plupart du temps mais c’est ce que les enfants interprètent et ressentent lorsque les adultes mettent les enfants à l’écart de leurs états d’être sans rien leur expliquer. Rassurez-vous, les solutions sont plus simples qu’elles n’y paraissent. Il suffit souvent d’un instant pour mettre des mots avec sincérité avec ses propres ressentis et besoins pour améliorer significativement la situation. Nous verrons demain dans le dernier post l’ensemble des pistes concrètes à explorer.


EN RESUME : quelques pistes de rééquilibrages comportementaux :

Article rédigé par Sandra COULON. Peut être partagé sous condition de respecter la source et les droits d’auteur.